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Petit Historique du Manga


Manga par-ci, Manga par-là ... Quand on entend ce mot, on l'assimile à n'imporete quoi. Un petit cours d'histoire de cette BD ne ferait pas de mal non ?

Astro Boy Bien avant Goldorak, Albator et Candy, le manga s'était immiscé au sein de notre culture occidentale par l'intermédiaire de l'imaginaire d'Osamu Tezuka. Père fondateur d'un style narratif nouveau, il nous avait livré dans les années 70 ses premiers chefs d'œuvres : Jungle Taitei (Le Roi Léo), Tetsuwan atomu (Astro le robot) ou Ribbon no kishi (Prince Saphir). Véritable institution au Japon, le manga déferle aujourd'hui sur le monde avec une volonté avouée de nous faire sortir de la vitrine contemplative érigée par Disney (areu-areu, les petits oiseaux, et toujours le même scénario de base !).

Au Japon, le terme " manga " véhicule une double notion : celle de la caricature et celle de l'image dérisoire. Sa première apparition sur la scène culturelle nippone date du XIXe siècle, notamment avec les dessins à caractères satyriques du peintre Hokusai. En pleine occidentalisation, le Japon se libère du carcan idéologique qui le confinait à se servir des supports papier à de seules fins politiques. Jusqu'à l'après-guerre, la situation du manga reste stable. L'arrivée d' Osamu Tezuka sera le déclencheur d'une ère narrative, qui puise son identité dans un imaginaire riche, exsangue de sentiments négatifs. Au contraire, le manga prône le retour à des valeurs comme le courage, l'amour et la force d'âme face à l'adversité. Il suffit pour s'en convaincre de se remémorer les premiers épisodes du Roi Léo ou d'Astro le robot. Les Chevaliers du Zodiaque

Goldorak Il faudra attendre 1978 pour découvrir un manga plus agressif, personnifié par Goldorak, Albator et plus tard par les Chevaliers du Zodiaque. La saga de Dragon Ball installera définitivement le manga en Europe. On distingue trois grandes catégories de manga : les Shônen club (public de garçon/Kenshin le vagabond), les Shôjo club (public de fille/Juliette je t'aime) et les séries érotiques.
Aujourd'hui, le manga se décline en une multitude de produits : séries animées, films (35mm, vidéo, DVD), goodies (figurines à l'effigie des personnages), jeux vidéo, musiques et romans. Si en France nous l'avons connu, d'abord sous sa forme animée, il n'en reste pas moins un objet papier incontournable. Preuve en est la prolifération de titres traduits et édités par Glénat Bastard

Ranma 1/2 Ouvrage se lisant de droite à gauche, il est entré dans nos mœurs, alors que les sceptiques ne lui donnaient aucune chance face au Comics américains. Ce que le manga a d'unique, réside dans sa volonté de ne pas se cantonner à un style de narration. Oeuvrant pour conquérir un large public, il met en exergue tous nos thèmes de préoccupations. De la violence destructrice de Kazushi Hagiwara (Bastard) à la course au pouvoir de Katsuhiro Otoma (Akira), en passant par les romances frustrées de Rumiko Takahashi (Ranma 1/2), le manga se pose en révélateur de nos fantasmes, par le biais de mises en pages dynamiques aux personnages expressifs. Akira

Dragon Ball Z Le manga n'est pas seulement un style qui transgresse les codes narratifs en place, mettant en scène des personnages tourmentés. Il a contribué à révolutionner le domaine de l'animation, qui jusque lors était le fief des studios Disney. En 1991, Akira avait littéralement explosé sur nos écrans, dépeignant un univers cyberpunk régi par l'ultra violence au sein d'une société post-apocalyptique. Pour nous sortir de la torpeur lancinante que nous procuraient les sitcoms et les dessins animés familiaux, le manga nous avait envoyé sa première bombe visuelle. Suivront Porco Rosso et Dragon Ball Z en 1995.

Pourtant, ce seront des films comme Ghost in the shell de Masamune Shirow, Perfect Blue de Satoshi Kon et Jin-Roh d'Hiroyuki Okiura qui fédéreront réellement un style d'animation. Développant des mondes parallèles, ces auteurs utilisent une de leur peur récurante qui peut s'appliquer à l'ensemble de la planète : le quotidien d'univers défiguré par une autorité fasciste, obnubilé par le pouvoir. La société Japanimation est l'un des piliers de ce mouvement. Ghost in the Shell

Pokémon Il ne faudrait pas croire que le manga de la première période se soit transformé en une créature violente, ne s'abreuvant que de sang. Si les adultes se sont convertis à cette nouvelle religion de l'image, le public enfant reste toujours privilégié. Récemment les Pokémon ont séduit les plus jeunes, qui deviennent hystériques dès les premières notes du générique. Pourtant, les Pokémon ne sont pas exclusivement représentatifs de la dernière vague de production du style manga.

Mononoké La sortie de Princesse Mononoke d'Hayoa Miyazaki, est le long métrage qui fait aujourd'hui référence en matière de manga. Ce conte écologico-guerrier est une merveille d'animation, au travers duquel se mêlent tous les thèmes et facteurs des grandes épopées lyriques. Loin de la sauvagerie des mondes cybers, Princesse Mononoke s'éloigne définitivement de la narration, souvent bêtifiante, des dessins animés, pour mettre en avant une écriture plus réaliste et cinématographique.
Au regard du film (lors des plans de batailles), on ne peut s'empêcher de penser aux mises en scènes de Kurosawa. Miyazaki n'en est pas à son premier coup d'essai, Nausicaä de la vallée des vents portait déjà en lui les prémices de ce que ce futur maître allait mettre en valeur : un dynamisme et un montage qui jusque-là n'étaient réservés qu'au 35 mm. Une nouvelle ère s'ouvre pour le manga, qui depuis moins de dix ans semble vouloir entrer dans l'âge adulte.
Mononoké

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